Devenir coach … et le rester

Le 03/06/2012 - 1 Commentaire

Introduction : Coach : un métier à la fois simple et complexe :

  • Devenir coach est simple en soi … il suffit de suivre une formation et de valider les critères de certification de l’école qui forme …
  • Pratiquer ce métier est complexe, d’abord parce que l’être humain est unique et souvent irrationnel
  • S’engager dans le métier c’est aussi en accepter la posture basse, faite de valeurs socles, identifiées et appliquées, et être dans le respect de l’être humain dans sa dimension pleine et entière, dans son environnement. La supervision est un des moyens pour valider sa posture et la faire progresser : elle fait partie de l’exigence du métier.
  • L’environnement de la personne c’est le personnel, le social, le professionnel, pour ne citer que les principaux domaines de vie. C’est donc accepter d’en reconnaître les principes, en particulier pour le domaine professionnel et l’entreprise au sens large.
  • Être coach, c’est trouver sa place spécifique dans l’accompagnement humain, entre le conseil, la formation, les différentes techniques de recherche d’emploi ou d’accompagnement en temps de crise. C’est avant tout respecter le choix de la personne accompagnée et les impératifs de son environnement !

Rester coach, c’est vivre son métier à fond !

J’ai recensé ci-dessous et développé quelques points qui peuvent permettre à chaque coach de se reconnaître ou non coach, et aux clients et prospects de valider leur choix de coach !

1. Devenir coach du désir à la passion

Les écoles de formation au coaching les plus anciennes répondent volontiers, parfois sans précaution au désir souvent exprimé de devenir coach : le métier attire et ces formations trop souvent prises comme un moyen de développement personnel font le plein dans leurs cycles, qui parfois se succèdent rapidement !

Voilà aussi une occasion de reconversion, soit pour des cadres en deuxième partie de carrière, soit pour des personnes plus jeunes qui parfois pourront trouver un levier pour tenter de développer leurs ambitions ?

La passion de l’humain va au-delà de ce désir !

Aimer l’humain au point d’en faire un métier centré sur l’affirmation de la valeur humaine comme source de performance est un long chemin qui se construit dans l’humilité de la découverte permanente au travers chaque nouveau contact professionnel.

La passion de la découverte de l’humain comme créateur de son devenir c’est chercher à comprendre sans relâche, avec toute notre énergie, avec tout notre être, cœur, corps esprit !

Être coach c’est centrer son énergie sur le client pour la réalisation de ses objectifs, dans le respect du contexte et de l’environnement !

2. Connaître ses valeurs et être capable de les exprimer clairement

Les coachs auraient-ils les mêmes valeurs ??

A l’évidence mon expérience dans ce métier, et les différents contacts formels ou informels, montre le contraire … mais l’essentiel est que chaque coach soit à même de mettre des mots sur ses propres valeurs, de les définir, d’en établir des règles d’application et de communiquer, pour les transmettre, susciter l’adhésion.

Identifier ses valeurs, c’est poser le socle, la fondation de notre développement cf article sur les valeurs socles de notre développement (blog coaching-interculturel)

Connaître ses valeurs en tant que coach, c’est être « aligné avec soit même », être en cohérence avec son métier et son environnement, ses clients et la pratique du coaching, soit-même en tant que coach !

En synthèse, c’est se sentir engagé au-delà de soi-même par cette démarche d’accompagnement.

3. Être en accord avec une pratique éthique et le vivre dans ses choix

Dans cette même logique, il importe que chaque coach réfléchisse à ce qu’est une pratique éthique, et confronte sa réflexion avec sa propre pratique !

Là encore, la supervision est un recours précieux et sans complaisance pour ceux qui au-delà de l’adhésion à un code de déontologie, sont engagés dans le processus de supervision !

Chaque code de déontologie exprime clairement cette nécessité de supervision qui permet le recul et la progression individuelle du coach.

S’y référer devrait être s’engager à en suivre les principes ?

J’ai expérimenté personnellement ce que peut coûter cet engagement et aussi le fait de subir le non-respect d’un code de déontologie pourtant signé par d’autres coachs …

L’éthique ne se décrète pas … elle se vit et se partage

4. Respecter la profession et soi-même

Comment peut-on afficher le respect comme valeur .. .sans respecter la profession de coach, faite de debriefing, de régulation, de prise de recul, de clarification dans une relation adulte – adulte ?

Être coach c’est être capable d’affirmer sa position en clarté, et d’avoir le courage de le faire en face à face au sein de la profession et de ses représentants !

Être coach c’est vivre dans sa pratique et dans l’exercice de son métier les valeurs affichées

  • Respect des personnes qui contribuent à enrichir notre parcours dans le cadre d’une formation continue
  • Respect de la relation de partenariat

Être coach c’est être attaché à la liberté de choix du client, … c’est aussi aider son client à prendre le recul nécessaire à la clairvoyance de ses choix.

5. Faire preuve du courage d’être soi en intégrité et authenticité

Avoir le courage d’être soi … c’est progresser vers l’individuation, l’accomplissement de soi-même, et c’est un véritable programme de formation continue tout au long de la vie !

Pour le coach, c’est aussi :

  • se regarder en face et avoir la capacité à prendre du recul sur sa pratique
  • se confronter à ses valeurs d’authenticité pour les valider
  • agir en intégrité … ce qui est plus fort que l’honnêteté

6. Être porteur de sens dans ses choix et pour ses clients

Rester coach c’est donc être dans un métier attaché à la notion de sens, pour soi et pour ses clients.

La richesse de ce mot sens nous permet de visualiser ce métier aux multiples facettes :

  • Sens à donner pour l’orientation de sa vie, de sa carrière
  • Sens que nous donnons à notre accompagnement qui prend tout son sens dans la progression du client
  • Sens en tant que direction
  • Sens qui facilite le ressenti, l’expression, l’acceptation et la gestion de l’émotion

En conclusion : Devenir coach c’est simple … le rester c’est plus complexe et exigeant  sur le long terme !

Donner une dimension « durable » à son métier de coach c’est donner la priorité au Savoir Être par rapport au Savoir Faire, et être en harmonie par rapport au sens que l’on donne à ce métier et au sens que l’on apporte au client.

C’est en particulier :

  • Avoir la vision du devenir de sa position de coach, en termes de démarrage, de pérennité et de crédibilité,
  • Prendre du recul sur sa pratique de coach :
    • être dans une approche de supervision et y être engagé
    • contribuer à la professionnalisation du métier (dont assainissement)

Cette réflexion pour écrire cet article me conduit à vous renvoyer les questions que je me pose parfois :

  • Combien de coachs sont formés et ne pratiquent pas ou peu ?
  • Combien de coachs ont abandonné le métier ?
  • Où se situe la difficulté : sur le Métier ou sur l’exigence du métier sur la personne qui le pratique ?
  • Quelles sont les conduites à tenir si nous constatons une pratique non éthique ?

Eric de Pommereau

Coach

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Commentaires

Une réponse à “Devenir coach … et le rester”

  1. Joël GAUTHIER le 11/01/2013 à 13 h 12 min

    Bonjour,

    Coach est en effet, selon moi, bien plus qu’une profession. C’est un savant mélange de valeurs, d’éthique, de comportements (savoir-être)…
    Et personnellement, ce « mélange » ne me quitte jamais (ou rarement). Au delà d’un métier, c’est une façon d’être.
    Je dirais qu’il y a une différence entre « se dire coach » et « être coach ».

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